Récits de renaissance et de dignité au Canada.
Rencontre de présentation — Ville de Montréal
Il faut le dire avec respect pour ceux qui travaillent chaque jour sur le terrain : beaucoup d'entre eux portent une fatigue et une désillusion réelles, tant les résultats de leur travail restent difficiles à mesurer dans la durée.
Ce constat, je ne le pose pas de l'extérieur. Il s'appuie sur mon propre parcours, documenté et attesté par les organismes eux-mêmes — un parcours qui se poursuit encore aujourd'hui, en parallèle de la fondation des Éditions Florissa-Courtney et du projet Histoires d'Accueil.
C'est le regard de quelqu'un qui traverse encore ce système, et qui voit, de l'intérieur, ce qu'il ne documente pas. J'ai vu des personnes nouvellement arrivées dans la rue dépérir de jour en jour. J'ai vu des gens de 15 ou 20 ans plus jeunes que moi vieillir de ces mêmes années d'écart en l'espace de six mois.
La peur de la solitude pousse beaucoup à préférer l'acceptation sociale — même toxique — plutôt que de faire face à eux-mêmes. C'est peut-être là, plus que dans les statistiques d'hébergement, que se joue vraiment la bataille contre l'itinérance.
Deux jours après mon affectation effective au lit D-520, la nouvelle du décès, par overdose supposée, de son ancien occupant circulait dans tous les blocs. Ce n'était pas un cas isolé : plusieurs décès similaires ont circulé comme rumeur dans les blocs pendant mon séjour.
Au Canada, plusieurs organismes communautaires centenaires accompagnent des personnes en situation d'itinérance vers l'autonomie — mais aucun, à notre connaissance, ne documente systématiquement ce qu'il advient de ces personnes une fois le programme terminé. L'IPM propose de suivre l'humain au-delà du dossier.
Des programmes existent — leurs résultats humains restent peu visibles.
Ce que recueille le musée : des récits de résilience de personnes ayant vécu une sortie de rue — documentés à partir des programmes existants dans les organismes communautaires, et non en parallèle de ceux-ci.
Proposé à toute personne admise dans un parcours de réinsertion ou de réintégration sociale : un geste de clôture porté par la personne elle-même, sanctionnant la fin du processus — en continuité avec le programme, non en parallèle.
Le récit documenté devient une donnée : critères de collecte structurés — parcours, programme d'origine, mécanismes ayant fonctionné — qui permettent de faire remonter, qualitativement, ce qui marche dans les mécanismes de sortie de rue.
Seules les plateformes numériques sont à ce jour déployées, tant à Ottawa qu'à Montréal — pas encore d'ancrage physique. Ce qui importe n'est pas l'antériorité d'Ottawa, mais le fait que l'initiative elle-même est née d'une expérience et d'un corpus documentaire québécois, avant de prendre une portée nationale.
Le 20 mai 2026, une lettre publiée dans Le Devoir, signée par environ trente personnalités à l'initiative de Pauline Marois, réclame un sommet national sur l'itinérance d'ici juin 2027.
Histoires d'Accueil vise à alimenter ce chantier national avec une matière qualitative et documentée, prête à être mobilisée d'ici 2027.
Le récit post-programme donne un flux régulier de récits documentés. La Nuit des 500 Voix en devient le point culminant récurrent : l'événement qui formalise et célèbre publiquement ces parcours, tout en alimentant le Panthéon numérique.
Le récit post-programme, la Nuit des 500 Voix, le Panthéon numérique : les prémices d'une politique née ici, avant de prendre une vocation nationale. La campagne de sociofinancement à venir en sera la pierre angulaire symbolique, posant les bases du futur édifice physique du Musée de l'itinérance montréalaise — un sujet à porter dans les débats du Sommet national sur l'itinérance. Floris Renamy Rogoula — Fondateur, Le PACTE 241 · Canada
Histoires d'Accueil prend forme dans une application dédiée à la collecte et à la mise en lumière de ces parcours.
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